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Semaine sainte

La Processió de la Sanch

L'origine de la Processió de la Sanch, Procession du Sang [du Christ], remonte au Moyen-Âge, à l'époque où les Misteris (Mystères, représentations théâtrales de scènes religieuses) joués sur les parvis des églises et cathédrales "remplaçaient" le livre pour enseigner au peuple les scènes décrites dans les évangiles. D'ailleurs, les statues portées pendant la procession sont aussi appelées misteris, et chacune d'entre elle évoque un épisode de la Passion du Christ : la Creu dels Improperis (croix des injures), l'Ecce Homo (statue du couronnement d'épines), la Verge Dolorosa (Notre-Dame des Sept Douleurs), Santa Veronica (Sainte Véronique, qui essuya les larmes du Christ), la Verge de la Soledat (Vierge de la Solitude)…

 

A Collioure l'initiative de la procession est attribuée au prédicateur dominicain Saint-Vincent Ferrier, lors de ses séjours répétés ici (vraisemblablement accueilli au Couvent des Dominicains) à partir de 1410 afin de contribuer à réduire le grand schisme qui déchirait l'église avec la "Querelle des Papes". Saint-Vincent Ferrier fonda l'Arxiconfraria de la Sanch en 1416, dont un des rôles essentiels, était l'assistance morale des condamnés à mort, ce que nous rappelle la Procession aujourd'hui : Les pénitents qui accompagnent le condamné à mort au lieu de son supplice, de nuit, vêtus d'une robe noire et un flambeau (atxa) à la main, sont comme lui, masqués d'une caparutxe (cagoule pointue) pour qu'on ne les reconnaisse pas.

Ouvrant la marche du cortège, le Regidor, qui scande la marche de sa cloche lugubre, et les tambours qui le suivent préviennent les gens pour les inviter à rentrer chez eux. Entre les misteris, subsistent encore aujourd'hui quelques bannières des anciennes confréries (pêcheurs, charpentiers, cordiers, tonneliers, forgerons, maçons…) qui autrefois formaient le gros de la procession.

Un chant en catalan, La Passió Sagrada, conte la Passion dans de nombreux couplets, entrecoupés de cantiques.

Tout au long du cortège, les fidèles ont aménagé des "reposoirs", ornés de fleurs et de draperies, où sont exposées des statues et images pieuses à la lueur des bougies.

Cette tradition avait été interrompue en 1904 et restaurée en 1959. Elle a lieu tous les Vendredis Saints.