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C’est sur les conseils de son ami Paul SIGNAC dont il avait pu voir des "Collioure" réalisés en 1887qu'Henri MATISSE décide d'y séjourner à son tour. Il "débarque" le 16 mai 1905, s'installant dans la petite pension "Chez Rosette" tout près de la gare.
D'emblée il est fasciné par le site, ses couleurs et, surtout, sa lumière exceptionnelle. Sent-il qu'il y a là ce qui peut faire exploser tout ce qui est en gestation dans sa quête picturale ? Comme s’il pressentait la potentialité de ce que le critique Jean Leymarie appellera “l’accord entre un site et les préoccupations artistiques d’artistes venus y mûrir leur vision”...
En tout cas, il n'a de cesse d'insister auprès de son jeune ami et complice André DERAIN, de 11 ans son cadet, jusqu'à ce que celui le rejoigne le 5 juillet.
 
Sur place, les deux artistes travaillent avec frénésie, passant par des périodes de doutes et d’exaltation, mettant en couleurs le profil du village, le clocher, le château, les filets qui sèchent sur la plage, les barques qui partent, les femmes qui ravaudent…
Ils rencontreront aussi d’autres artistes avec qui ils se lieront d’amitié : Etienne TERRUS, d’Elne, Georges-Daniel de Monfreid, ami et confident de Gauguin, installé à Corneilla-de-Conflent, le voisin de Banyuls Aristide Maillol, Gustave VIOLET, Louis Bausil, Louis Codet…
Durant leur séjour, ils produiront nombre de croquis, dessins, aquarelles et quelques huiles, se libérant progressivement de la théorie divisionniste ou du pointillisme dont leurs premières œuvres sur place étaient encore imprégnées…
C'est le fruit de ce travail d'un été à Collioure qu'ils exposeront quelques mois plus tard dans la fameuse salle 7 du Salon d'Automne à Paris, et qui leur vaudra, de la part du critique Louis Vauxcelles, le qualificatif de "Fauves" qui allait être le nom de ce premier grand mouvement inaugurant l' "Art Moderne".

Un mouvement qui aura été bref (on considère qu'il s'éteint en 1908), mais dont l'influence, pas seulement en France, sera considérable sur l'art de tout le XX ème siècle, avec des prolongements jusque dans l'Art Contemporain de notre XXIème siècle.
Cependant, le Fauvisme ne sera jamais une "école" au sens académique du terme ; tous les artistes qui rejoindront ce mouvement (George ROUAULT, Henri Charles MANGUIN, Albert MARQUET, Maurice de VLAMINCK, Raoul DUFY, Kees VAN DONGEN, Charles CAMOIN, Jean Puy, Georges BRAQUE...) garderont leur – forte – personnalité et leur totale indépendance.
A la différence d'André Derain, Henri Matisse reviendra à plusieurs reprises à Collioure, en 1905, 1906, 1907, 1911 et 1914. Son fils Jean fréquentera même l'école communale, et plus tard, ayant choisi de se consacrer à la sculpture, il sera l'élève d'Aristide Maillol. Les liens entre les Matisse et Collioure perdureront : A l'occasion du Centenaire du Fauvisme, en 2005, le petit-fils, Gérard Matisse, offrira à la ville l'opportunité d'une superbe exposition au Château Royal, "Matisse et ses Amis – Collioure 1905", essentiellement à partir d'oeuvres de sa propre collection (dont le fameux "Port d'Avall", la dernière oeuvre pointilliste de l'Artiste). En 2007, après sa disparition, Madame Gérard MATISSE s'impliquera à son tour pour que notre Musée d'Art Moderne puisse accueillir l'exposition "Matisse, traits essentiels", conçue par le Cabinet d'Estampes de Genève.
Si SIGNAC fut à l'origine de la venue de MATISSE et DERAIN en 1905, dans le sillage des initiateurs du Fauvisme, dès 1906, ils seront nombreux à séjourner à Collioure : Louis VALTAT, Henri MANGUIN, Georges D'ESPAGNAT, Max JACOB, Charles CAMOIN, Juan GRIS, Jean PESKE (qui faut à l'origine de notre Musée d'Art Moderne)... puis après la 1ère guerre Henri MARTIN, Henri MARRE, Henri VERGE SARRAT, Yves BRAYER, Léonard FOUJITA, Maurice LOUTREUIL, Léopold SURVAGE, Augustin HANICOTTE (qui marquera son passage entre autres avec son action auprès des enfants de l'école)... puis, une autre vague encore, avec Edouard PIGNON, Willy MUCHA, Camille DESCOSSY, René PERROT, Balbino GINER, Maurice-Georges PONCELET...
Collioure sera devenue la Cité des Peintres.
« COLLIOURE FAUVE »
Née le 12 novembre 1993, sous un premier nom de" Fenêtre ouverte sur le Fauvisme ", l'association dénommée aujourd'hui "Collioure Fauve" a pour objet le "développement culturel et touristique du patrimoine et des arts autour du Fauvisme".
 
Sa première action avait été la conception et la mise en place du " Chemin du Fauvisme" : Circuit pédestre dans la ville ponctué par 20 reproductions de tableaux des deux peintres réalisés durant leur séjour à Collioure, implantées sur les lieux mêmes où les oeuvres ont été peintes.
Les visiteurs peuvent parcourir librement le " Chemin du Fauvisme " ou participer à des ballades guidées (individuellement ou pour des groupes constitués sur réservation) par une guide-interprète diplômée : étude muséographique des oeuvres des deux grands maîtres, du "pré-fauvisme" à ce qu'allait être ce premier grand mouvement du XXème siècle et plus généralement la naissance de l'Art Moderne en Roussillon ; découverte-passion du village sur les pas de ces artistes, approche de leur biographie, de leur immersion dans le Collioure de l'époque, la chronologie de leurs ateliers... Invitation aussi à faire un parallèle entre le site aujourd'hui et ce qu'il était un siècle auparavant.
Aujourd'hui l'association propose au public d'autres promenades guidées :
Henri Matisse et Collioure: 1905-1906-1907-1911-1914
Du lyrisme de la "Fenêtre ouverte" (1905) au dépouillement de la "Porte-Fenêtre à Collioure" (1914), Henri Matisse à ponctué ses séjours à Collioure d'œuvres majeures, autant d'étapes fondamentales dans l'évolution du travail pictural de l'artiste
De l'autodétermination de la couleur au bonheur de vivre, du glissement de la sculpture à la peinture, de la vision périphérique à l'art décoratif, cette visite met l'accent sur la richesse et la diversité des œuvres réalisées par Henri Matisse à Collioure. L'approche muséographique de ses œuvres présentées sur le "Chemin du Fauvisme" met l'accent sur l'ambition artistique croissante des recherches de l'artiste durant la période 1905-1914, et plus spécifiquement ses cinq séjours colliourencs.
Collioure racontée par son architecture
Pour aborder toute l'histoire de la Cité par son riche patrimoine bâti, habitat traditionnel, architecture religieuse et militaire.
Découverte des ouvrages de défense autour et dans la cité, de toute l'architecture militaire d'un site longtemps considéré comme stratégique durant ses 25 siècles d'histoire : Château Royal, Fort St Elme, Fort Dugommier, tours à signaux… Petite halte pour la visite de l'Eglise N.D. des Anges et son magnifique mobilier baroque. Balade dans le vieux quartier du "Moré", avec ses rues pittoresques bordées de petites maisons de pêcheurs, les anciens casernements des soldats et officiers, les vestiges des anciens remparts qui "corsetaient" la ville, l'extérieur du Fort Miradou, le Fort Carré, le Fort Rond... Autant de vestiges d'un passé parfois prestigieux, toujours riche en histoire(s).
Collioure du Gothique au Baroque
Plus connu pour son incomparable richesse en art roman, le Roussillon, et notamment Collioure avec son couvent et cloître des Dominicains et son église N-D des Anges, recèle aussi de beaux trésors d'art Gothique et Baroque.
1 - Couvent et cloître des Dominicains
Introduction sur l'histoire du quartier du Port d'Avall ou Faubourg. Découverte de l'architecture extérieure de l'ancien Couvent des Dominicains (XIII°), qui accueille aujourd'hui la Cave Coopérative de Collioure, et repérage de l'emplacement de son ancien cloître gothique (XIV°) ; historique du couvent et tribulations de son cloître victime des "traficants d'objets d'art", histoire des communautés religieuses à Collioure. Visite des vestiges du cloître récupérés et réinstallés à proximité, dans les jardins secrets du Musée d'Art Moderne : étude de l'iconographie et de la sculpture.
2 - Eglise N.D. des Anges et son Clocher
Visite de l'église Notre-Dame des Anges (XVII°), de l'austérité du style gothique méridional (extérieur) à la flamboyance baroque (intérieur) : historique de l'église, le "puzzle architectural" du bâtiment (du XIII° au XVII°), approche de l'art baroque et de ses spécificités en Espagne et en Catalogne, étude du riche mobilier de l'église, du retable de Joseph Sunyer (1701) et des chapelles latérales (Autels de St Jean, 1696 - du Christ, 1708 - de St Eloi, 1716 - de Ste Lucie, 1718 - de N.D. de Lourdes, 1902 - de N.D. du Rosaire, 1903)
Le Moulin de la Cortinana
Vraisemblablement le plus ancien du Roussillon, construit au XIVème siècle (1387) sous le Royaume de Majorque, ce moulin était à l'origine destiné à moudre les céréales. Après de nombreux propriétaires successifs, le moulin cessera toute activité au XIXème siècle et tombera en ruines. En 2001, la Municipalité de Collioure décide de faire procéder à sa complète restauration, selon les techniques de l'époque, le transformant en moulin à huile.
Toute l'histoire de ce moulin et son rôle économique au cours des siècles, les étapes de sa restauration et les techniques utilisées, son fonctionnement… La culture de l'olivier à Collioure, hier et aujourd'hui… L'occasion aussi d'une belle promenade dans le Parc Pams (au-dessus du Musée d'Art Moderne), de découvrir quelques beaux spécimens de différentes variétés de cactus dans la diversité de sa végétation méditerranéenne, et de jouir de point de vue exceptionnel sur la baie de Collioure, le village et les collines alentours…
L'association gère aussi " l'ESPACE FAUVE ", situé sur le Quai de l'Amirauté, à l'entrée du Voramar, où ses hôtesses accueillent et informent le public et lui proposent tout un panel de produits culturels liés au Fauvisme ou aux thèmes de ses visites : cartes postales, affiches, livres, vidéos… (pour tout renseignement ou réservation pour les visites, s'adresser à l'Espace Fauve)
ESPACE FAUVE
Quai de l'Amirauté 66190 COLLIOURE
Tél. 04 68 98 07 16 Fax. 04 68 82 31 57
fauvisme@collioure.net
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